La cité Michel   La cité d'Urgence

La cité Michel

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Les conditions d'hébergement, à la fin de la guerre, sont toujours aussi difficiles, le plan de reconstruction n'a pas suffit. Beaucoup de familles sont sans toit. La cité provisoire n'a pas été suffisante pour loger toutes les familles qui ont tout perdu. C'est ainsi qu'une trentaine de familles trouvent refuge dans d'anciens bâtiments militaires servant de réserves de l'autre coté de l'Avenue des Canadiens juste en face de la cité provisoire. Les bâtiments en demi-lune vont abriter 200 personnes jusqu'en 1968. La Cité Michel a été passée sous silence car ses habitants n'ont jamais fait parler d'eux. Aujourd'hui une maison de retraite dans l'enceinte du Château Michel a remplacé ces vieux bâtiments.

Sur un Journal Municipal dressant le bilan de ce qui a été fait et datant de février 1971 , que m'a confié M Tournier, ancien maire de Dieppe, voici ce qui est rapporté " Le réseau des voies urbaines était notoirement insuffisant pour supporter l'augmentation du trafic routier de transit et la circulation dans Dieppe et vers Neuville ; c'est pourquoi il fut inscrit au Vème Plan un programme de travaux routiers de voies rapides qui comportait l'élargissement à quatre voies de l'Avenue des Canadiens, à partir de la Maison Blanche, la construction d'une rocade au Val Druel et une voie pénétrante parallèle au cours de Dakar et aboutissant au quai Duquesne ; programme dont le financement dépend en grande partie de l'Etat.

Seuls les travaux d'élargissement de l'Avenue des Canadiens, et pour la partie pénétrante, ont fait l'objet d'un financement qui a permis : de commencer les travaux sur la RN15, de commencer l'acquisition des terrains nécessaires à la réalisation de la pénétrante.

De plus le Conseil Municipal décidait de réaliser parallèlement à ces travaux, l'élargissement du Quai Duquesne à quatre voies de circulation, et la construction de l'échangeur routier sur la RN15 pour permettre la desserte routière de la future Z.A.C. du Val Druel."

Dans un autre Journal Municipal, datant lui de début 1969, toujours partagé par M Tournier, voici ce qui avait été décidé presque 2 ans auparavant dans le cadre du Programme Social de Relogement ( le P.S.R.) : " Conscients cependant que le prix des loyers H.L.M. dépassait la possibilité de paiement de nombreuses familles, le Conseil Municipal de Dieppe demandait aussitôt l'autorisation, à défaut de H.L.M., de construire des P.S.R., seule catégorie de logements dont les loyers étaient alors inférieurs à ceux des H.L.M. Il a été alors promis l'attribution des 50 P.S.R. par an à Dieppe. Mais, il était bien précisé que ces logements ne pourraient être affectés qu'aux locataires de baraquements provisoires, ou, ce qui n'est plus possible maintenant, exceptionnellement, et sur autorisation spéciale, d'immeubles menaçant ruine et compris dans une opération de rénovation urbaine....En trois années, 147 familles ont pu être relogées, soit en P.S.R. soit en H.L.M. par nos services..."

Et M Tournier d'ajouter : " J'ai été nommé maire en 1965 et j'ai donc travaillé sur les questions de logement. A l'époque il faut rappeler que Dieppe et Neuville étaient séparés même si nous collaborions. Il faut dire aussi qu'il y avait à Paris un ministère du logement qui contrôlait très strictement les constructions faites . C'est ainsi que l'état avait autorisé des conditions de financement particulières mais en nombre très limité pour les habitants de locaux en baraquements ou insalubres. Cela s'appelait le programme social de relogement ou PSR. Nous avons donc du nous battre pour en obtenir le plus possible. En I967 il en était prévu par exemple 9500 pour toute la France. Il y avait pour la Cité Provisoire des conditions particulières le terrain n'appartenant pas à la ville et les Services de la reconstruction propriétaires ne voulaient plus faire de travaux... Notre adjoint était Monsieur Jean Pierre Caron très actif et qui je m'en souviens encore avait eu la joie de nous annoncer le 28 octobre I97O que tous les habitants de la Cité Michel avaient pu enfin être dignement relogés."